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Le marche de la peinture a l’huile en Chine
Tuesday, 16th October 2007 | Art, marché de l'art | Aucun Commentaires
Le marché de la peinture « Européenne » en Chine
Quand les ventes aux enchères ont ouvert leurs portes au grand public en Chine, la peinture à l’huile représentait moins de 1% des ventes en chiffres réalisées par des peintures traditionnelles chinoises ; depuis 2003, le marché de l’art dans l’ Empire du Milieu a connu un boom sans précédent, la peinture à l’huile ayant débuté de manière modérée, se trouve être maintenant un concurrent de taille pour l’art traditionnel ; en 2005, la peinture des « Européens » s’est faite remarquée voir « paparasitée » et devient la grande nouveauté des ventes aux enchères.
C’est à ce moment là que la peinture traditionnelle chinoise a ralenti sa « grande marche » et est entrée dans une période de revers instable. Le début de prospérité des tableaux à l’huile coïncide avec le ralentissement du marché du traditionnel. Et cela signifie t’il que la peinture à l’huile va partager rapidement les parts de marché de la peinture traditionnelle voir la dévorer complètement sur le marché de l’art chinois ? N’oublions tout de même pas que la peinture traditionnelle occupe le rôle de leader sur le marché de l’art en Chine.
Depuis de longues années la peinture traditionnelle chinoise restait la passion absolue des investisseurs chinois de par sa culture ancienne et profonde et de par l’attachement sentimental qu’elle suscite. Son prix a flambé jusqu’à 10 fois voir plus ces vingt dernières années. Depuis peu de temps, ce phénomène est entrain de détacher sur le marché de la peinture à l’huile. Des professionnels prédisent que d’ici 3 ans, la peinture à l’huile va occuper la même place que l’art traditionnel chinois. Vue le développement actuel des peintures à l’huile, nous pouvons penser que cette prédiction deviendra réalité dans un futur très proche.
Pourquoi les tableaux à l’huile deviennent-ils de plus en plus attirants aux yeux des Chinois, et en même temps, les peintures traditionnelles chinoises qui auparavant plaisaient tant aux collectionneurs de goût classique, perdent de plus en plus leur place de « favoris » ? Il y a trois raisons à cela que l’on peut analyser de la façon suivante :
Premièrement, le marché des peintures à l’huile chinoises tient un rôle de plus en plus important grâce à l’investissement des Occidentaux et l’augmentation du pouvoir d’achat des nouveaux collectionneurs chinois de la jeune génération. La renaissance et l’importance accordées aux peintures à l’huile sont sans précédent.
Le marché de la peinture à l’huile en Occident a passé depuis longtemps sa période de maturité, alors que la peinture à l’huile chinoise rappelle la tradition du réalisme. Cette situation a attiré l’attention de beaucoup de collectionneurs occidentaux, hongkongais, taïwanais et une grande partie des collectionneurs chinois de la jeune génération ayant un niveau de connaissance de la peinture à l’huile plus élevé.
En Occident, le réalisme au sens classique et traditionnel a été remplacé depuis longtemps par des écoles modernes à forte tendance individualiste. Par contre, le marché des peintures à l’huile en Chine s’est formé assez tardivement. « Le pèlerinage vers l’Occident 1» des artistes chinois ne date que d’à peu près cent ans. Depuis, ces artistes ayant des connaissances occidentales sont reconnus par la Chine et sont devenus célèbres. Le travail de ces années de transition s’inscrit encore dans le réalisme. La Chine se trouve donc dans une période d’art réaliste. Il suffit de voir les œuvres de ces artistes représentatifs en chine. Ce style de peinture correspond en plus aux gouts et au niveau d’appréciation de la plupart des collectionneurs chinois. Ce phénomène provoque une curiosité et devient bien évidemment « le centre d’intérêt » des intervenants du marché international de la peinture à l’huile. En touts cas, si les peintures à l’huile ont les faveurs des investisseurs et arrivaient à occuper à égalité de part de marché des peintures traditionnelles chinoises, ce serait tout à fait logique.
Deuxièmement, l’architecture occidentale et la décoration du type européen ont été introduites en Chine depuis déjà une dizaine d’années. Elles sont devenues aujourd’hui le courant principal dans le domaine de la décoration d’intérieure. Les peintures à l’huile elles aussi bien entendu, deviennent des objets de décoration très importants pour la maison, les bureaux ou les lieux publics. D’un autre côté, les peintures traditionnelles n’arrivent pas à céder à ce besoin de modernisation et perdent de plus en plus valeur décorative. Entre les peintures traditionnelles pouvant rapporter uniquement une plus-value et la «collection pure», et les peintures à l’huile offrant des plus-values et du plaisir de collectionneur, les acheteurs ont très vite fait leurs choix.
Troisièmement, le marché des peintures à l’huile s’étant développé tardivement en Chine, les tableaux n’ont pas obtenu l’importance qu’ils auraient dû avoir. Leurs prix restent encore relativement bas par rapport au marché international pour les peintures de même niveau. Maintenant, nous voyons la valeur des peintures à l’huile augmenter en flèche. Beaucoup d’acheteurs sont attirés. Parmi les meilleures œuvres, il y en a qui décuplent leurs valeurs de plusieurs fois en un an ! Ainsi un tableau acheté en début d’année peut déjà rapporter en fin d’année de très grands profits. Au fur et à mesure du développement et de l’amélioration du marché de la peinture à l’huile en Chine, la montée de la valeur des tableaux à l’huile est tout simplement immense. Par rapport à ce grand potentiel, la peinture traditionnelle chinoise a déjà connu son moment de gloire. Son marché est plutôt entré en période de stabilité. Il n’y a donc plus un grand potentiel au niveau de la croissance de sa valeur comme les peintures à l’huile. Pour un investisseur, s’intéresser aux peintures à l’huile est effectivement devenu un choix judicieux.
1 Cette expression provient de l’histoire du célèbre moine chinois Xuanzang, en 629, il part en pèlerinage en Inde d’où il revient en avril 645 ramenant un grand nombre de textes en sanskrit, augmentant ainsi considérablement la quantité de littérature bouddhique disponible en Chine.
Article traduit de la revue chinoise « Marché de l’art » 2006/N°6
Traduit par SHU Yi
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